Quelles sont les 10 phrases à ne surtout pas dire à une personne bipolaire ?

Pourquoi certaines phrases sont douloureuses pour une personne bipolaire

Le trouble bipolaire se manifeste par des variations intenses de l’humeur, des épisodes dépressifs à des phases maniaques ou hypomaniaques, difficilement comparables aux hauts et bas émotionnels classiques. Dans ce contexte, certaines phrases peuvent générer un mal-être profond car elles ignorent la complexité et la gravité de la maladie. Elles risquent aussi de renforcer le sentiment d’incompréhension, parfois la honte, et compliquent le dialogue au sein des relations.

Dans la vie de tous les jours, la manière dont on s’exprime autour d’une personne bipolaire joue donc un rôle essentiel. Savoir éviter certains propos blessants, même s’ils sont dits sans intention nuisible, protège ces personnes des dommages émotionnels souvent durables.

“Tout le monde a des hauts et des bas” : pourquoi banaliser la maladie fait du tort

Cette phrase est fréquemment prononcée et pourtant, elle minimise lourdement la réalité d’un trouble médical.

Confondre les fluctuations normales d’humeur avec les épisodes bipolaires revient à nier la souffrance réelle et la différence fondamentale entre ces deux phénomènes. Les hauts et les bas bipolaires affectent le fonctionnement global, sont durables et souvent invalidants.

Dire à quelqu’un “tout le monde a des hauts et des bas” peut laisser entendre que la personne exagère ou dramatise sa condition, ce qui alimente la frustration et l’isolement.

“Tu réagis de façon disproportionnée” : une invalidation des émotions

Sous l’effet d’un épisode dépressif ou maniaque, la perception du monde et les émotions sont amplifiées. Dire que les réactions sont surdimensionnées blesse profondément, car c’est juger ce que ressent l’autre comme étant faux ou excessif.

Une façon plus aidante consiste à accueillir cette émotion avec respect, en disant par exemple “Je ressens que tu vis des choses intenses en ce moment”. Cela évite la rupture dans la communication et respecte la réalité vécue par la personne.

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“Arrête ta comédie” ou “Tu fais ça exprès” : le poids de la stigmatisation

Ces phrases imputent une mauvaise volonté à la personne bipolaire, laissant entendre qu’elle pourrait contrôler sa maladie par une simple décision. Cela entretient une idée fausse et culpabilisante qui alourdit la charge mentale déjà importante.

Le trouble bipolaire est une maladie neurobiologique dont la personne ne maîtrise pas les symptômes. Accusations et jugements de ce type creusent la distance et contribuent à créer un climat toxique au lieu d’un espace sécurisant.

“Tu devrais te détendre” ou “Pense positif” : pourquoi ces conseils simplistes sont inefficaces

Face à un épisode, proposer de se relaxer ou de “penser positif” revient à minimiser la gravité des symptômes. La dépression bipolaire n’est pas un simple coup de blues, et une phase maniaque ne s’arrête pas instantanément avec une bonne volonté.

Il vaut mieux offrir une écoute compréhensive et un soutien concret, sans pression, comme proposer une activité douce ensemble ou simplement être présent.

“Je ne comprends pas pourquoi tu n’arrives pas à…” : éviter l’impatience déguisée

Les troubles cognitifs, la fatigue profonde et la désorganisation sont des effets réels et fréquents des épisodes bipolaires. S’interroger avec impatience ou frustration sur les capacités ou comportements de la personne aggrave son mal-être.

Il est important de faire preuve de patience et d’accompagner doucement, sans imposer un rythme qui peut paraître insurmontable.

“Tu prends toujours bien tes médicaments ?” : respecter la gestion du traitement

Questionner fréquemment la personne sur sa médication peut se révéler intrusif, voire infantiliser. Le suivi médicamenteux est une démarche délicate, souvent fluctuante, qui relève de la relation entre le patient et son médecin.

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Une manière plus empathique consiste à exprimer une inquiétude sans jugement, par exemple : “Comment tu te sens avec ton traitement en ce moment ?” pour ouvrir le dialogue sans pression.

“Tu es trop enthousiaste, c’est risqué” : laisser de la place aux émotions positives

Les proches craignent souvent qu’une joie intense annonce une phase maniaque, mais interpréter chaque manifestation de bonheur comme un symptôme peut empêcher la personne d’éprouver ces émotions naturellement.

Ils doivent apprendre à différencier une humeur saine d’un épisode pathologique pour ne pas restreindre la liberté émotionnelle de la personne.

“Pourquoi tu n’es pas plus comme X ?” : l’effet destructeur des comparaisons

Comparer systématiquement une personne bipolaire à quelqu’un d’autre, en suggérant une insuffisance, mine terriblement la confiance en soi et renforce un sentiment d’infériorité.

Il est essentiel de valoriser l’unicité de chacun, surtout dans une maladie où l’estime de soi est fréquemment mise à mal.

“Je ne veux pas en entendre parler” : les conséquences d’un refus de dialogue

Mettre un terme brutal à une conversation sur la maladie ou les difficultés provoque chez la personne un sentiment d’abandon et de rejet. Le silence imposé dégrade la relation et nie la réalité de ce que vit le malade.

Construire un climat de confiance nécessite au contraire d’accueillir la parole, même quand le sujet est délicat, et de montrer sa disponibilité pour en reparler au moment opportun.

“Si tu ne changes pas, je pars” : le danger des ultimatums dans la relation

Proférer un ultimatum renforce la peur et précipite l’instabilité émotionnelle. Il s’agit d’une menace qui fragilise à la fois la personne bipolaire et la relation elle-même.

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Des demandes exprimées calmement, basées sur les besoins réels et accompagnées d’écoute mutuelle, entretiennent davantage un climat serein et constructif.

Il est important de se souvenir que des mots, même prononcés dans l’urgence ou la colère, peuvent laisser des marques profondes. Ils façonnent le quotidien, influencent la confiance en soi et déterminent la qualité du soutien ressenti par la personne bipolaire.

En privilégiant une communication sensible et respectueuse, on participe activement à un environnement favorable à l’équilibre et au bien-être.

Hélène

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