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Alimentation et compléments

Vitamine D : à partir de quelle dose parle-t-on de surdosage ?

18 septembre 2026 · 6 min de lecture ·

Adulte assis à table, examinant un flacon avec dépliant médical et stylo

Mis à jour le 18 septembre 2026

La vitamine D a bonne réputation. On la supplémente sans y penser, chez l’adulte comme chez le nourrisson, et le raisonnement habituel veut qu’un excès soit éliminé sans dommage. C’est vrai pour les vitamines hydrosolubles. La vitamine D n’en fait pas partie.

L’ANSM, en collaboration avec l’Anses, les sociétés savantes de pédiatrie, le collège national des sages-femmes et les centres antipoison, a publié une alerte après des cas de surdosage chez de jeunes enfants. Voici ce qui a été observé, le mécanisme, et la distinction qui règle le problème.

En bref

  • Des cas de surdosage à la vitamine D ont été rapportés chez de jeunes enfants, après prise de compléments alimentaires enrichis en vitamine D.
  • Le surdosage se manifeste par une hypercalcémie, un taux excessif de calcium dans le sang.
  • Les conséquences peuvent être graves, notamment une atteinte rénale à type de lithiase ou de néphrocalcinose, c’est-à-dire un dépôt de calcium dans le rein.
  • La recommandation centrale tient en une phrase : privilégier les médicaments plutôt que les compléments alimentaires.
  • Deuxième recommandation : contrôler les doses administrées, en vérifiant la quantité de vitamine D contenue dans chaque goutte.
  • L’alerte est portée conjointement par l’ANSM, l’Anses, les pédiatres, les sages-femmes et les centres antipoison.

Pourquoi un excès de vitamine D ne s’élimine-t-il pas ?

Parce que la vitamine D est liposoluble. Contrairement aux vitamines hydrosolubles, dont l’excédent part dans les urines, elle se stocke dans les tissus gras et dans le foie. Un apport supérieur aux besoins ne disparaît donc pas, il s’accumule.

Cette accumulation a une conséquence précise, et c’est elle qui est décrite dans l’alerte : une hypercalcémie, c’est-à-dire un taux excessif de calcium dans le sang. La vitamine D augmente l’absorption intestinale du calcium ; en excès prolongé, elle en fait passer trop.

Le calcium en excès dans le sang finit par se déposer, et le rein est l’organe qui trie. C’est pour cela que l’atteinte décrite est rénale : une lithiase, c’est-à-dire un calcul, ou une néphrocalcinose, c’est-à-dire un dépôt de calcium dans le tissu rénal lui-même.

Ces conséquences sont qualifiées de graves dans l’alerte. Ce n’est pas un effet indésirable passager qui cesse à l’arrêt du produit : un dépôt calcique installé ne se résorbe pas comme une nausée.

Pourquoi les compléments alimentaires posent-ils davantage problème ?

La recommandation de l’ANSM est explicite : privilégier les médicaments par rapport aux compléments alimentaires. Cette distinction, qui paraît administrative, recouvre une différence pratique importante.

Un médicament à base de vitamine D a une dose fixée, validée, exprimée par unité de prise, et il porte une posologie adaptée à l’âge. Un complément alimentaire enrichi en vitamine D relève d’un autre régime : sa teneur peut varier, la présentation aussi, et la posologie n’est pas construite de la même manière.

Le cas du nourrisson concentre la difficulté. La vitamine D lui est donnée en gouttes, tous les jours, par un parent, souvent sans balance de contrôle possible. Tout repose donc sur une seule information : combien de vitamine D contient une goutte.

C’est précisément la deuxième recommandation de l’alerte : contrôler les doses administrées, en vérifiant la quantité de vitamine D par goutte. La formulation dit tout. Si deux produits ne délivrent pas la même quantité par goutte, un parent qui change de flacon en conservant le même nombre de gouttes change de dose sans le savoir.

Point de vigilancePourquoi il compte
Nature du produitMédicament plutôt que complément alimentaire
Quantité par goutteElle varie d’un produit à l’autre, c’est elle qui fixe la dose
Changement de flaconMême nombre de gouttes ne veut pas dire même dose
Cumul des sourcesLait infantile enrichi, complément, médicament peuvent s’ajouter

Le cumul des sources, l’angle mort

L’alerte porte sur les compléments alimentaires enrichis en vitamine D, et cette formulation mérite qu’on s’y arrête.

Un enrichissement peut se trouver ailleurs que dans un flacon dédié. Des préparations infantiles, certains produits laitiers et divers aliments sont enrichis en vitamine D. Un enfant peut donc recevoir sa dose prescrite en médicament, plus un apport par son alimentation enrichie, plus éventuellement un complément acheté sans avis.

Le raisonnement à appliquer est donc additif, et il ne l’est presque jamais dans les faits. Chaque source prise séparément paraît raisonnable ; c’est leur somme qui pose problème, et personne ne la calcule.

C’est aussi ce qui explique que l’alerte associe autant d’acteurs : l’ANSM pour le médicament, l’Anses pour le complément alimentaire et l’alimentation, les pédiatres et les sages-femmes pour la prescription et le conseil, et les centres antipoison pour les cas. La question tombe entre plusieurs guichets.

Quels signes doivent alerter ?

L’hypercalcémie s’installe progressivement et ses premiers signes sont peu spécifiques, ce qui est le cœur du problème chez un nourrisson qui ne parle pas.

Les manifestations générales d’une hypercalcémie comprennent une soif inhabituelle, des urines abondantes, une perte d’appétit, des vomissements, une constipation, une fatigue et une somnolence, ainsi qu’une prise de poids insuffisante chez le nourrisson.

Aucun de ces signes ne désigne la vitamine D à lui seul. Ce qui doit faire penser au surdosage, c’est leur association avec une supplémentation en cours, et c’est cette information que le parent doit apporter à la consultation.

La conduite est simple : en cas de doute, arrêter et consulter. Le diagnostic repose sur un dosage sanguin du calcium, qui tranche en une prise de sang.

En cas d’ingestion massive accidentelle, par exemple si un enfant vide un flacon, un centre antipoison se contacte immédiatement, sans attendre l’apparition de symptômes.

Faut-il pour autant arrêter la vitamine D ?

Non, et l’alerte ne le demande à aucun moment. Elle ne remet pas en cause la supplémentation, elle en encadre la forme et la dose.

La supplémentation du nourrisson en vitamine D reste une recommandation pédiatrique établie, pour des raisons qui n’ont pas changé. Ce qui est visé, c’est le glissement vers des produits dont la teneur et la posologie ne sont pas encadrées comme celles d’un médicament.

La règle de conduite tient donc en trois points : suivre la prescription, utiliser le produit prescrit et pas un équivalent acheté en rayon, et vérifier la teneur par goutte à chaque changement de flacon.

Un dernier point s’adresse aux adultes, qui ne sont pas visés par cette alerte mais concernés par le mécanisme. La vitamine D se stocke chez eux aussi, et l’automédication à dose élevée sur de longues périodes expose au même phénomène, sans le bénéfice d’une surveillance.

Questions fréquentes

Un surdosage peut-il survenir avec une seule prise ?

Les cas décrits sont liés à la prise de compléments alimentaires enrichis, ce qui renvoie à une administration répétée. Une ingestion massive accidentelle relève en revanche de l’urgence toxicologique et justifie un appel immédiat à un centre antipoison.

Comment savoir combien de vitamine D contient une goutte ?

C’est indiqué sur le conditionnement, et c’est précisément ce que l’alerte demande de vérifier. Cette valeur diffère d’un produit à l’autre, y compris entre deux produits de même contenance.

Les compléments alimentaires sont-ils interdits ?

Non. La recommandation est de privilégier les médicaments, pas d’interdire les compléments. La différence tient à l’encadrement de la dose et de la posologie.

L’hypercalcémie est-elle réversible ?

Le taux de calcium sanguin redescend avec la prise en charge, mais les dépôts calciques dans le rein sont d’une autre nature. C’est pour cela que l’alerte qualifie ces conséquences de graves.

Qui a émis cette alerte ?

L’ANSM, en collaboration avec l’Anses, les sociétés savantes de pédiatrie, le collège national des sages-femmes et les centres antipoison. Cette convergence est un indicateur de l’importance donnée au sujet.

Sources

ANSM, vitamine D chez l’enfant, recourir aux médicaments et non aux compléments alimentaires pour prévenir le risque de surdosage : ansm.sante.fr/actualites/vitamine-d-chez-lenfant-recourir-aux-medicaments-et-non-aux-complements-alimentaires-pour-prevenir-le-risque-de-surdosage

Cet article résume une alerte des autorités sanitaires et ne constitue pas un avis médical. La supplémentation d’un nourrisson se fait sur prescription, et tout doute sur une dose administrée relève du pédiatre, du médecin traitant ou du pharmacien.

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